L’union et la force

juillet 11, 2006

En couverture de l’excellent quotidien Les Echos aujourd’hui, un chapô qui harponne sur le thème : « Le président du conseil (de la concurrence) favorable aux class actions« .

Notre journaliste, qui essaye de bien faire son travail, rapproche deux faits dans l’appel de une. Je cite : « Alors que Bruno Lasserre, le président du conseil, se dit favorable aux class actions, une association d’actionnaires français vient de lancer, aux Pays-Bas, une action collective à l’encontre d’EADS après la chute de 26 % du cours du titre« .

Passons sur le rafistolage informatif qui consiste à rapprocher le droit de la concurrence d’un regroupement d’actionnaires mécontents (si ce n’est le consumérisme effréné qui agite la France depuis 5 ans). Ce qui est vraiment intéressant, c’est le serpent de mer du « class action ».
Les associations de consommateurs poussent à la transposition de l’action collective à l’américaine dans le droit français, Chirac a donné sa bénédiction et le gouvernement y travaille. Or, on le sait tous, on peut déjà mener des actions en justice à plusieurs dans notre beau pays.

Pourquoi aller plus loin ? Parce que, à court terme, toutes les parties prenantes ont à gagner à participer à la spectacularisation toujours plus poussée de l’action en justice : elle va servir à la fois le milieu consumériste qui y trouvera une force de frappe supplémentaire, certains magistrats qui vont gagner en visibilité et certains consommateurs qui arriveront à extorquer des dommages et intérêts pharaoniques aux grandes entreprises.

Personne ne pense pourtant aux effets totalements pervers que vont avoir ces « class actions » sur l’innovation : elle est aujourd’hui portée principalement par des PME qui vont y réfléchir à deux fois avant de lancer le nouveau produit qui, certes, n’est pas parfait, mais à le mérite de nous faire avancer collectivement. Free existerait-il encore si les class actions étaient légales en France ? Probablement. Mais, à mon avis, il n’aurait pas révolutionné le paysage mondial des télécoms aussi vite et aussi fortement.

On a la société qu’on mérite.

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Perdre la tête

juillet 10, 2006

Il est humain ! C’est bon pour l’image, ça. A vos marques : prêts ?

Attractivité

juillet 9, 2006

Bernard Sananès, célébrité hyperactive du monde de la communication, recrute à travers son blog. L’idée n’est pas nouvelle, elle me paraît bonne et, à en croire une expérience récente, efficace.

Ceci dit, call me superficial, elle appelle un commentaire qui est le suivant : suis-je le seul au monde qui trouve cela exotique qu’une agence aussi visible qu’Euro RSCG ait besoin de ça ?

Le « buzz » Internet, très peu favorable aux entreprises de la communication en général et de la publicité en particulier (yakavoir sur StagesCritics), commencerait-il à jouer tellement que, hormis les stagiaires qui ont besoin d’un joli « nom » sur un CV, les recrues plus expérimentées fuient certaines structures en proie à un déficit d’opinion sur le net ?

Soyons clairs : je ne suis pas en train de tailler spécifiquement Euro ici – on est presque tous dans le même bateau, mais plutôt de parler de notre secteur en général (les RP) qui, à force de se tirer avec constance de jolies balles dans les pieds, pourrait perdre encore plus de son attractivité dans les années qui viennent.

Contentement

juillet 9, 2006

J’ai acheté Jpod de Douglas Coupland pour mon été, je l’ai remisé précieusement pour me laisser le plaisir de le lire plus tard… J’ai tellement aimé Microserfs que je ne pourrais probablement qu’être déçu par celui-ci, mais bon…

Quand je pense à Coupland, je me dit que c’est quand même assez fort d’avoir réussi à écrire (et à promouvoir…) deux bouquins qui ont eu autant d’impacts sur les gens : Generation X (qui est à l’originie du concept même de « Generation X » aux US) et Microserfs qui est le livre de chevet de tous les geeks de la terre, puisqu’il valide leur mode de vie et leurs obssessions en les rendant cool.

Pourquoi ?

juillet 8, 2006

Parce que quelqu’un hier m’a convaincu du fait qu’il fallait contribuer pour s’accomplir, et pas juste se payer sur la bête. Alors j’essaye. J’ai pas l’habitude. J’ai plus l’habitude. Je vais essayer de partager. Je vais essayer de donner. Je vais essayer de penser. Un peu. On va voir.

M’en foot

juillet 8, 2006

Ces dernières semaines, je n’existe plus. Je suis tombé dans un trou noir, un vide intersidéral : celui des non-amateurs de foot.

Pour les footeux, qu’ils soient fraîchement convertis ou équipés de longue date de l’écharpe tricolore de rigueur, il existe deux camps : les passionnés et les antis. Chaque camp devant bien entendu supporter les railleries de l’autre. C’est binaire, c’est facile, ça à un côté chiens et chats bien rassurant.

Ceci posé, la créativité et l’ouverture d’esprit de l’individu moyen étant ce qu’elle est, les gens dans mon genre, ceux qui relèvent d’une sorte de troisième type, ceux qui s’en foutent du foot, mais qui n’ont aucun mépris pour l’un ou l’autre camp, ben eux, c’est à dire moi, ils n’existent pas. Au mieux, ils ont droit à un regard compatissant dès qu’ils évoquent le sujet, et au pire, sont catalogués direct dans la case « tarés ».

Bref, j’aimerais juste qu’on respecte mon droit inaliénable de m’en footre.

Future is in beta

juillet 8, 2006

Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette expression : moi si. Elle est gravée dans mon esprit depuis des années maintenant, sans que je sache précisément pourquoi.

Enfin si, je sais pourquoi. Je m’en souviens car c’était imprimé chaque mois en couverture de Wired – et que putain, j’ai aimé Wired. Je m’en souviens aussi parce qu’il s’agit peut-être des quatre mots les plus visionnaires de ces dernières années. Demandez à Google.

Quand on fait mon métier, on cherche souvent à faire un effet avec quelques mots mis dans le bon ordre : un titre, une base-line, un slogan. Et c’est vraiment dur d’atteindre un tel niveau de perfection : informatif, beau, stimulant. Je me demande en fait si j’y arriverai un jour, et surtout : qui a trouvé ça chez Wired ? Est-ce un vague secrétaire de rédaction à qui on a oublié d’ériger une statue, ou est-ce un éditeur payé les yeux de la tête qui savait vraiment ce qu’il faisait ? Si vous avez la réponse, je prends.