La presse d’opinion

juillet 26, 2006

La lecture compulsive et consécutive de Voici, Closer et Public* me conduit à penser que la presse pipole a récupéré de flambeau de la presse d’opinion haut la main. Certes, c’est pas elle qui va faire élire le prochain Président (quoi que Sarkozy la manie avec dextérité), mais c’est une des rares qui réussi encore à construire l’opinion de ses lecteurs avec des méthodes telles que l’éditorialisation à outrance (en légende de photo le plus souvent), l’enquête ou encore l’interview sans concession (je vous conseille celle d’Elisa Tovati dans le Voici de cette semaine, c’est costaud).

Et si les journalistes de la presse de caniveau faisaient partir de cette espèce de plus en plus rare : le journaliste qui fait son boulot. D’ailleurs, l’excellent Nicolas Santaloria collabore désormais au sus-mentionné Voici, c’est dire.

* J’ai pas trouvé Bon Week à la Maison de la Presse de la charmante bourgade écrasée par le soleil qui abrite mes congés payés; pourtant, avec un titre aussi tarte, ça doit valoir son poids de crème solaire

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Une affaire d’importance

juillet 12, 2006

Bertrand Delanoé était l’invité ce matin de Pierre Weil sur France Inter.

Questions directes que ça s’appelle, ces dix minutes de patouillage agressif que j’ai le courage d’ouïr chaque matin (avec attention du temps de Paoli, avec résignation depuis que le sieur Weil officie chaque jour de la semaine).

Première ‘question directe’ de notre animateur d’antenne : « Revenons sur ce que nous avons évoqué dans le journal, à savoir cette piscine Joséphine Baker, piscine flottante inaugurée il y a tout juste une semaine. Il fait très chaud à Paris, la piscine est fermée car le carrelage se soulève, quand même… ».

Comment se porte le journalisme en France ? Très bien, pourquoi ?

Future is in beta

juillet 8, 2006

Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette expression : moi si. Elle est gravée dans mon esprit depuis des années maintenant, sans que je sache précisément pourquoi.

Enfin si, je sais pourquoi. Je m’en souviens car c’était imprimé chaque mois en couverture de Wired – et que putain, j’ai aimé Wired. Je m’en souviens aussi parce qu’il s’agit peut-être des quatre mots les plus visionnaires de ces dernières années. Demandez à Google.

Quand on fait mon métier, on cherche souvent à faire un effet avec quelques mots mis dans le bon ordre : un titre, une base-line, un slogan. Et c’est vraiment dur d’atteindre un tel niveau de perfection : informatif, beau, stimulant. Je me demande en fait si j’y arriverai un jour, et surtout : qui a trouvé ça chez Wired ? Est-ce un vague secrétaire de rédaction à qui on a oublié d’ériger une statue, ou est-ce un éditeur payé les yeux de la tête qui savait vraiment ce qu’il faisait ? Si vous avez la réponse, je prends.